Avec cette somme, le CHU de Liège entend accroître sa capacité d'accueil de 50%. " Cela nous paraît nécessaire pour qu'à l'horizon 2025, nous ayons des infrastructures qui correspondent à nouveau aux normes de qualité que l'on est droit d'attendre d'un hôpital universitaire tel que le nôtre ", explique Julien Compère, administrateur-délégué de l'hôpital.

De bons résultats...

L'investissement, concrétisation du plan stratégique CAP 2020, est également l'occasion pour le CHU de parler des bons résultats de l'hôpital. " Le patient qui vient au CHU lui est fidèle. Cette confiance se traduit par un nombre de patients toujours plus nombreux à soigner. C'est évidemment pour nous un formidable incitant pour continuer à oeuvrer pour cette qualité ", souligne Julien Compère. " Sur ces cinq dernières années, nous avons connu une augmentation de plus de 3% des hospitalisations classiques, de plus de 10% des urgences, de 30% de l'hospitalisation de jour et de 12% de visites ambulatoires. C'est donc un hôpital dans lequel les patients ont confiance. Il est important de pouvoir les accueillir dans les meilleures conditions de qualité et de confort. Or, il apparaît que le confort des années précédentes n'est plus forcément adapté aux standards actuels. Il y a par exemple, aux Bruyères, encore des chambres à quatre lits, ce qui n'est plus souhaitéaujourd'hui. "

...Malgré des infrastructures vieillissantes

C'est que les infrastructures existantes ont plus de 30 ans. Un projet de reconstruction du CHU a donc été approuvé le 2 mai dernier par le Conseil d'administration de l'hôpital. " Un hôpital, ce n'est pas un lieu de vacances. Le patient y vient avec une série d'émotions, de stress. Cet investissement est donc dans le but premier de satisfaire les besoins du patient et la qualité des soins ", justifie Rudolphe Bastin, président du conseil d'administration.

La rénovation touchera les chambres et les polycliniques. " Des rénovations sont nécessaires dans les chambres, principalement au niveau des sanitaires ", confie Julien Compère. Les policliniques du -1, celles de la chirurgie, sont réorganisés pour répondre aux besoins de la patientèle." Le but n'est pas uniquement de faciliter l'accès aux infrastructures, mais également faciliter l'ensemble du parcours du patient ", explique le Dr Geneviève Christiaens, directeur médical adjoint.

Quatre nouveaux blocs opératoires sont aussi au programme. " Le CHU se caractérise par un taux d'occupation élevé : 85% en hospitalisation classique en moyenne. Il est donc nécessaire de construire de nouveaux blocs ", estime Julien Compère. " Ils seront dotés de l'imagerie embarquée, notamment un scanner qui permettra de glisser d'une salle d'opération à l'autre, afin de pouvoir garantir le plus haut degré de sécurité. Ces blocs pourraient voir arriver à l'avenir un robot chirurgical. "

Saturation

L'infrastructure est à saturation." Le site des urgences du CHU a été conçu pour un transit de 25.000 passages par an. Aujourd'hui, On ne dénombre pas moins de 45.000 passages par an ", explique l'administrateur-délégué. Une autre raison d'investir dans l'infrastructure de l'hôpital.

" Cette réflexion autour des urgences est à la base de la construction de la Tour 7 sur l'emplacement actuel de l'héliport. Cette tour accueillera non seulement les nouvelles urgences, mais nous avons également réfléchi à la réorganisation de notre activité multi-sites. L'activité mère-enfant - la pédiatrie, la gynécologie-obstétrique - déménagera du site des Bruyères vers le site du Sart-Tilman, afin de concentrer la prise en charge de l'ensemble des pathologies tertiaires sur le site du Sart-Tilman et de s'inscrire dans la logique des réseaux voulue par Maggie De Block. L'hôpital de jour chirurgical sera étendu pour répondre à la demande grandissante de ce type de soins. Enfin, la tour accueillera un tout nouveau service des brûlés afin d'être à proximité de la pédiatrie, l'hôpital accueillant régulièrement des enfants grands brûlés. "

La mobilité

L'accès à l'hôpital est une autre problématique où souhaite investir le CHU. Mais face au Mont-Légia qui proposera un accès rapide et facile grâce à l'autoroute, l'hôpital n'a que peu de possibilités. " Le CHU a décidé de construire 2.500 places de parking supplémentaires, soit 1.500 pour les patients et 1.000 pour le personnel ", explique Julien Compère. Un appel à concessionnaires a été lancé et les offres sont actuellement à l'étude. L'investissement de 70 millions d'euros est à charge du concessionnaire.

" 2.500 places de parking ? C'est vraiment ça l'avenir qu'on souhaite ? ",questionne François Schreuer, conseiller communal de la ville de Liège, très actif sur les questions d'urbanisme. " Avec un tel budget, beaucoup d'autres solutions, plus efficaces et moins coûteuses (collectivement & individuellement) que la congestion automobile généralisée pouvaient s'envisager, non ? "

Mais y-a-t'il d'autres alternatives envisageables pour cet " aspirateur à voiture ", comme d'aucuns ont appelé ce projet ?" Au contraire d'hôpitaux comme Erasme ou St-Luc, nous n'avons pas de bouches de métro donnant accès directement à l'hôpital, ni même de tram ", concède Christian Franck, directeur des infrastructures." C'est un non-sens de réaliser autant de places de parking, mais nous n'avons pas le choix. Nous aurions évidemment souhaité pouvoir proposer plus de facilités d'accès au CHU. "

Il est également bon de noter que toutes ces nouvelles infrastructures s'inscrivent dans une amélioration globale de la mobilité vers le CHU, élaborée en coordination avec le Service public de Wallonie (SPW) qui, dans quelques semaines, débutera les travaux de remise à quatre bandes du Boulevard de Colonster (la voie principale vers le site du Sart-Tilman, ndlr). Une amélioration dont profiteront les bus TEC notamment.